Frâjerman String Quartet

Released: 2003

QUATUORS N°1, 2, 3 ET 4
POUR CORDES ET BRUITAGES ANIMALIERS
1- Quatuor n°1 En Moultes Fractures
(Aldante – Largo – Largissimo- Hypnotica)
2- Quatuor n°4 En Hongre Altéré
3- Quatuor n°3 Dit la Glotte
4- Quatuor n°2 La Mort d’Anchise

En écoute « La mort d’Anchise » (extrait)

Carole Deville : violoncelle
Denis Frajerman : basse électrique, électroacoustique
Hélène Frissung : violon
Fanny Kobus : violon alto
Antoine Volodine : voix mégaphonique (1)
Susannah Rooke : voix (4)

1 et 4 enregistrés en concert à l’Olympic Café (Paris)
2 et 3 enregistrés en concert au Glaz’art (Paris) et remixés par Norscq
3 et 4 pour Alto solo une chorégraphie d’Andy de Groat (Cie Red Notes) d’après le livre d’Antoine Volodine (Editions de Minuit)

Mastering : Norscq
Photo intérieure : Black Sifichi
Artwork : Denis Frajerman et Frédéric Serva
Design : Frédéric Serva

Label : Linoleum
LIN 03 03


Il est plus que tentant de comparer la partie «cordes» des «Quatuors pour cordes et bruitages animaliers» de son String Quartet (avec une basse électrique à la place du deuxième violon habituel) au Steve Reich de «New York counterpoint» ou «Violin phase» – un minimalisme rigide mais émouvant, qui donne envie de bouger, de danser même. Ou bien à l’ Arvö Part de «Alina», où de grands et même pathétiques gestes mélodiques se trouvent encadrés et mis en question par des séquences de piano monotones et répétitives. En même temps, dans les mains des Frâjerman, le formalisme souvent austère et mécanique de l’oeuvre minimaliste est transformé, subverti, poussé dans une toute autre direction. C’est son goût pour le noir et la décadence, pour l’extase et la sorcellerie qui en est la cause. Beaucoup de ses motifs sont animés d’accélérations soudaines, imprévues et improvisées, qui renvoient

aux musiques féroces et nébuleuses de Louis Sclavis, ou à l’appropriation de la musique des Balkans comme elle est pratiquée par Emir Kusturicá («En hongre altéré») ou Max Nagl (l’excellent «Ramasuri»).Et puis il y aussi des percussions électroacoustiques, une voix mégaphonique et des bruitages animaliers du type bassin amazonien, le tout évoquant l’ombre, la menace du mécanique et de la machinerie, son aspect fantastique et vivant, comme on les retrouve dans les fabuleuses machines de Jean Tinguely.
Voilà pour les références stylistiques, voilà pour l’idée générale. Il reste à dire que dans le détail, Frâjerman est un compositeur peu prévisible, qui reste fidèle à ses bases en les dépassant. Lourd, éclectique et vaguement intellectuel, «Quatuors pour cordes et bruitages animaliers» est un travail surprenant et tout à fait hors du commun, dont l’écoute est conseillée sans réserve.

— Fabian Faltin (Sefronia, fev 2004)


Denis Frajerman s’est fait connaître en 1998 avec son album Les Suites Volodine, suivi du plutôt expérimental Fasmes Vol.1 et de Macau Peplum en 1999 (dans la même veine que Les Suites Volodine). Depuis, tout en prolongeant son activité au sein du collectif Palo Alto, Denis Frajerman (basse électrique, électroacoustique) a formé le Frâjerman String  Quartet avec Carole Deville (violoncelle), Hélène Frissung (violon) et Fanny Kobus (violon alto). Le premier disque de cette formation «live» qui tourne depuis quelques années maintenant, réuni des enregistrements réalisés en concert à Paris au Glaz’art et à l’Olympic Café. Au sein du quatuor Denis Frajerman dissémine ses rythmiques de basse électrique, ses «habituels» bruitages animaliers et électroacoustiques, et même, sur le Quatuor n°4, une rythmique synthétique (presque) apte aux dancefloors. Le Frâjerman String Quartet contorsionne avec malice la formule classique du quatuor à cordes et fait même passer le fameux Kronos Quartet pour un ensemble un peu trop sage.

— (Neosphere, mars 2004)


« Quatre plongées dans les ténèbres, quêtes d’un hypothétique jardin d’Eden certainement déserté, calciné, en tous cas introuvé, entrelacs de mélodies fiévreuses puissamment chorégraphiques : cette musique est fabuleuse… »
— Marc Sarrazy (ImproJazz – juin 2004)

 

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